On l’imagine parfois réservé aux produits « premium » et aux paniers qui font grimper la facture. Pourtant, une nouvelle étude vient bousculer cette idée reçue : afficher un bon Nutri-Score ne signifie pas payer davantage. Alors que le débat sur son caractère obligatoire rebondit en 2026, le petit logo coloré s’impose comme un repère du quotidien pour mieux remplir son caddie sans se ruiner.
Un bon Nutri-Score ne coûte pas forcément plus cher
C’est le principal enseignement d’une étude publiée le 19 mars 2026 par Santé publique France, menée avec l’INRAE. Les chercheurs ont analysé 27 955 produits alimentaires entre janvier 2020 et décembre 2023, répartis en 22 catégories et sous-catégories. Verdict : les articles les mieux notés ne sont pas systématiquement les plus onéreux.
Concrètement, à rayon égal, mieux manger reste accessible :
- Les yaourts notés A ou B ressortent souvent moins chers que ceux classés D ou E.
- Même constat pour les sauces pour pâtes.
- Pour les pains de mie et les pizzas, aucune différence de prix significative selon la note.
Autrement dit, la qualité nutritionnelle n’est pas une affaire de portefeuille : c’est d’abord une question de lecture d’étiquette et d’arbitrage entre marques. Un réflexe utile pour tous ceux qui surveillent leur budget courses sans rogner sur l’assiette.
Un repère désormais ancré dans les habitudes
En quelques années, le logo est devenu un incontournable des rayons. Selon Santé publique France, 99 % des Français connaissent le Nutri-Score et 68 % déclarent en tenir compte lors de leurs achats. Côté industrie, plus de 1 500 entreprises et marques l’affichaient volontairement début 2026, soit environ 60 % du marché alimentaire en volume de ventes. Sept pays européens l’utilisent aujourd’hui.
Ce succès explique en partie la pression pour aller plus loin. Car l’affichage reste, à ce jour, facultatif : une marque peut parfaitement choisir de ne pas l’apposer, notamment lorsque ses produits obtiendraient une note défavorable.
Vers un affichage obligatoire ? Le débat relancé en 2026
Le 27 mai 2026, les concepteurs du système (Serge Hercberg, Mathilde Touvier, Emmanuelle Kesse et Chantal Julia) ont déposé une pétition citoyenne réclamant l’affichage obligatoire du Nutri-Score. Dès le 26 mai, l’Académie nationale de médecine avait apporté son soutien, rejointe par 45 entreprises et 33 associations de consommateurs et de patients. La pétition a rassemblé quelque 57 000 signatures sur la plateforme de l’Assemblée nationale.
Du côté des associations, la CLCV rappelle que 94 % des Français se disent favorables à cette obligation. Les tentatives législatives se sont succédé ces derniers mois, sans trancher définitivement. Une partie de la décision se joue désormais à l’échelon européen, où un étiquetage nutritionnel harmonisé est espéré de longue date, mais tarde à voir le jour. En attendant, le consommateur garde la main : à lui de comparer, catégorie par catégorie.
Comment en tirer parti au supermarché
- Comparez les notes au sein d’une même famille de produits (un yaourt avec un yaourt), jamais entre catégories différentes.
- Servez-vous du logo comme d’un départage entre deux références proches en prix.
- Gardez en tête que le Nutri-Score évalue la qualité nutritionnelle globale, pas la santé d’un régime entier : l’équilibre reste dans la variété.
Questions fréquentes
Le Nutri-Score est-il obligatoire en France en 2026 ?
Non. Son affichage demeure volontaire pour les fabricants. Une pétition et plusieurs initiatives réclament de le rendre obligatoire, mais aucune obligation générale n’est en vigueur à ce stade, le dossier étant aussi lié à une harmonisation européenne.
Un produit bien noté est-il forcément plus cher ?
Non. L’étude de Santé publique France et de l’INRAE de mars 2026 montre qu’à catégorie équivalente, les produits mieux notés ne coûtent pas systématiquement plus cher, et sont parfois même moins chers.
Peut-on comparer le Nutri-Score de deux produits différents ?
Le logo est conçu pour comparer des produits d’une même catégorie. Comparer un plat préparé à une boisson n’a pas de sens : la note s’interprète toujours à l’intérieur d’un même type d’aliment.
Sources
- Santé publique France — Nutri-Score et prix des produits (mars 2026)
- CLCV — Une avancée pour rendre le Nutri-Score obligatoire
- Journal du Geek — Le Nutri-Score pourrait devenir obligatoire (mai 2026)
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