Avec le recul, un critère sépare les usages qui ont pris de ceux qui sont restés des démonstrations.
Le critère : la RA doit répondre à une question que le client se pose vraiment
Les usages qui ont échoué cherchaient à impressionner. Voir un produit en 3D qu’on peut tourner dans tous les sens est amusant la première fois et inutile la seconde, parce que ça ne répond à aucune question d’achat.
Les usages qui ont pris répondent à une incertitude précise, celle qui bloque la conversion.
Pour le mobilier : est-ce que ça rentre, et est-ce que la couleur va avec mon sol.
Pour les lunettes : est-ce que ça va à mon visage.
Pour tout objet mural ou décoratif : est-ce que la taille est bonne pour ce mur.
Cette dernière catégorie est celle où l’écart entre ce que le client imagine et ce qu’il reçoit est le plus grand, et donc celle où la RA a le plus d’effet sur les retours et les réclamations.
Les trois conditions techniques
Pour qu’un outil de RA soit utilisé plutôt qu’ignoré, trois conditions reviennent dans les implémentations qui fonctionnent.
Pas d’application à installer. L’outil doit tourner dans le navigateur du téléphone. Chaque étape d’installation divise l’usage par deux ou trois.
Une mise à l’échelle fiable. Un objet projeté à la mauvaise taille est pire que pas de projection du tout, parce qu’il donne une fausse certitude.
Une continuité avec la commande. La configuration faite en RA doit se retrouver dans le panier, puis dans la fabrication. Si le client doit tout refaire, il abandonne.
Un cas concret dans la décoration lumineuse
Le secteur des objets lumineux muraux illustre bien le passage de la démonstration à l’usage. Le produit est fabriqué à la commande, aux dimensions choisies par le client, et ne se retourne pas une fois produit. L’incertitude sur la taille est donc le premier frein à l’achat.
Helioneon a construit sa chaîne autour de ce problème : un configurateur en ligne où le texte, la police, la couleur et les dimensions se règlent avec aperçu et prix en temps réel, puis un studio en réalité augmentée dans le navigateur mobile qui projette l’objet à taille réelle sur le mur visé, puis une maquette 3D envoyée pour validation avant que l’atelier ne lance la fabrication. La RA n’est pas un gadget ajouté au parcours, c’est l’étape qui résout la question que le client se pose avant de payer.
Ce type d’intégration produit deux effets mesurables chez les marchands qui l’ont adoptée : le taux de conversion du configurateur monte, et le taux de réclamation sur la taille ou la proportion chute, parce que le client a déjà vu ce qu’il allait recevoir.
Ce qui reste difficile
La mise à l’échelle sur les téléphones sans capteur de profondeur reste approximative, de l’ordre de 5 à 10 %. Suffisant pour un objet décoratif, insuffisant pour du mobilier encastré.
Les surfaces réfléchissantes ou très sombres gênent le suivi de la caméra. Un mur noir mat ou un miroir dégradent nettement l’expérience.
Le coût de développement reste élevé pour un petit marchand, ce qui explique que les implémentations réussies viennent soit de grands acteurs, soit de fabricants spécialisés sur un seul type de produit, pour lesquels l’investissement est rentabilisé sur toute la gamme.
Ce qu’il faut regarder avant d’investir
Pour un marchand qui envisage la RA, trois questions.
Quelle incertitude bloque réellement mes conversions. Si ce n’est pas une question de taille, de proportion ou de rendu en situation, la RA n’y répondra pas.
Est-ce que mon produit est fabriqué à la commande ou stocké. La RA a beaucoup plus de valeur sur un produit non retournable.
Est-ce que je peux intégrer la RA dans la chaîne de commande, ou est-ce qu’elle restera un gadget à côté.
La RA n’est ni une révolution ni un échec. C’est un outil qui résout un problème précis, dans les secteurs où ce problème existe. Ailleurs, elle reste une démonstration.
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Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale




