Le cours mondial du cacao s’est calmé, mais le prix du chocolat en rayon, lui, refuse de redescendre. En France, les tablettes affichent en moyenne 15,3 % de hausse en un an, certaines grimpant jusqu’à 4,69 € chez les enseignes les plus chères. Un décalage qui s’explique moins par la spéculation du moment que par les rouages, très lents, de la fabrication du chocolat.
Un cacao qui a calmé le jeu, des rayons qui n’ont pas suivi
Après deux années de flambée, le cours du cacao a amorcé une détente début octobre, porté par la reprise de la récolte en Afrique de l’Ouest. Mais cette baisse ne se répercute pas dans l’instant sur les prix en supermarché. Un fabricant cité par France Télévisions résume la mécanique : « Ce qu’on achète maintenant, on le retrouvera dans les magasins entre décembre 2026 et mars 2027. » Le chocolat vendu aujourd’hui, lui, a été fabriqué avec des fèves achetées il y a environ dix-huit mois, en pleine période de prix records.
Pourquoi les tablettes restent chères
La matière première ne représente qu’environ 15 % du prix de vente final d’une tablette : emballage, transport, marges de distribution et coûts de fabrication pèsent tout autant dans la facture. Résultat, certains fabricants ont augmenté leurs tarifs de 20 % en deux ans, et sur quatre ans, la hausse cumulée atteint 36 %, bien au-delà de l’inflation générale sur la même période. L’association de consommateurs Que Choisir constate d’ailleurs que les précédents reculs du cours du cacao n’ont, par le passé, jamais vraiment profité aux acheteurs en magasin. Même logique de décalage dans d’autres filières alimentaires : le dernier rapport de l’ONU sur le coût d’une alimentation saine pointe lui aussi des écarts persistants entre le prix des matières premières et celui payé en bout de chaîne.
Le casse-tête des producteurs ivoiriens et ghanéens
En amont de la chaîne, la situation reste tendue. Pour la campagne 2026-2027, la Côte d’Ivoire maintient son prix bord champ garanti autour de 1 200 FCFA le kilogramme, tandis que le Ghana a relevé le sien à environ 3,65 dollars le kilo, soit près du double. Cet écart alimente une circulation informelle de fèves ivoiriennes vers le Ghana, et illustre la fragilité d’une filière où les revenus des producteurs dépendent entièrement des arbitrages des industriels occidentaux, loin des plantations.
Ce qu’il faut retenir
- +15,3 % sur un an pour les tablettes de chocolat en France
- +36 % de hausse cumulée sur quatre ans, bien supérieure à l’inflation générale
- Le cacao acheté aujourd’hui n’arrivera en rayon qu’entre décembre 2026 et mars 2027
- La matière première ne pèse que 15 % environ dans le prix final d’une tablette
Du côté des industriels, certains misent sur la nostalgie plutôt que sur le prix pour séduire malgré tout les consommateurs, à l’image du retour de la marque Wonka dans les rayons français. D’autres initiatives cherchent à rendre l’alimentation plus soutenable sans attendre que les cours se stabilisent, comme le montre la récente semaine européenne du développement durable consacrée à l’alimentation responsable.
Questions fréquentes
Pourquoi le prix du chocolat continue-t-il d’augmenter alors que le cacao baisse ?
Parce que le chocolat en rayon a été fabriqué avec des fèves achetées des mois plus tôt, à des prix encore élevés. Les baisses actuelles du cours ne se répercuteront qu’à partir de la fin 2026.
Quelle part du prix d’une tablette représente le cacao ?
Environ 15 % seulement : le reste correspond à la fabrication, l'emballage, le transport et les marges de distribution.
Les producteurs de cacao profitent-ils de la hausse des prix ?
De façon inégale : le Ghana a relevé son prix d’achat aux planteurs bien plus que la Côte d’Ivoire, créant un écart de rémunération entre les deux premiers pays producteurs mondiaux.
Sources
France Info / France 2 — Cacao : pourquoi le prix du chocolat explose
Que Choisir — la baisse du cours du cacao ne profite pas aux consommateurs
Koaci — Ghana : relèvement du prix d’achat du cacao pour la campagne 2026-2027
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Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



