Les rayons des supermarchés français sont dominés par les produits ultra-transformés, et de plus en plus de voix réclament qu’ils soient enfin signalés clairement sur l'emballage. Dans une enquête publiée début novembre 2026, le magazine 60 Millions de Consommateurs demande un affichage obligatoire du degré de transformation des aliments, en complément du Nutri-Score. Une pétition portée par Foodwatch, Yuka et France Assos Santé, lancée dès avril 2026, a déjà recueilli près de 229 000 signatures.
Un rayon largement occupé par l’ultra-transformé
L’enquête de 60 Millions de Consommateurs a passé au crible 16 familles de produits du quotidien. Sur 210 références courantes analysées, 9 sur 10 se sont révélées ultra-transformées, y compris des alternatives présentées comme plus saines comme certains produits bio ou végétaux. De son côté, une enquête de Foodwatch datée d’avril 2026 estime que plus de 60 % des produits emballés vendus en supermarché entrent dans cette catégorie : biscuits, sodas, céréales sucrées, chips, nuggets ou plats préparés.
Ce constat s’ajoute à un autre sujet déjà traité sur ce site : la loi impose déjà plusieurs mentions obligatoires sur les emballages, comme le rappelle notre article sur ce que la loi impose vraiment aux marques en matière d’étiquetage. Mais aucune de ces mentions ne renseigne aujourd’hui sur le niveau de transformation industrielle d’un produit.
Pourquoi le Nutri-Score ne suffit plus
Pour Sophie Coisne, rédactrice en chef adjointe de 60 Millions de Consommateurs, le Nutri-Score « ne donne pas d’information sur l’ultra-transformation » : il évalue la qualité nutritionnelle globale d’un produit, mais pas son degré de transformation industrielle. Résultat, un steak végétal truffé d’additifs peut afficher un bon score Nutri-Score tout en étant fortement ultra-transformé. Le magazine propose donc la création d’un logo noir complémentaire, apposé sur la face avant des emballages, pour signaler clairement les produits ultra-transformés.
L’enquête pointe aussi une pratique marketing baptisée « additive washing » : certaines marques mettent en avant l’absence de tel ou tel additif sur leur packaging, tout en passant sous silence la présence d’autres additifs dans la même recette. Ce type de pratique rejoint les débats déjà abordés sur la réglementation des étiquettes, notamment pour le miel, les confitures et les jus de fruits, dont les règles d’étiquetage ont elles aussi évolué récemment.
Une pétition qui monte en puissance
Lancée le 29 avril 2026 par Foodwatch, Yuka et France Assos Santé, la pétition demande aux pouvoirs publics — Premier ministre, ministère de la Santé et ministère de l’Agriculture — une meilleure régulation des produits ultra-transformés : encadrement de la publicité et surtout étiquetage obligatoire sur la face avant des paquets. Elle a rassemblé près de 229 000 signatures à ce jour, un chiffre qui continue de progresser semaine après semaine.
Les associations s’appuient notamment sur des travaux scientifiques associant une consommation élevée de produits ultra-transformés à un risque accru d’obésité, de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2. Ces travaux restent toutefois des associations statistiques, et ne permettent pas d’établir qu’un aliment donné est, à lui seul, responsable d’une pathologie.
Ce que cela signifie pour les consommateurs
- Un produit à plus de cinq ingrédients, avec arômes, émulsifiants ou amidons modifiés, a de bonnes chances d’être ultra-transformé.
- Le Nutri-Score reste utile pour comparer la qualité nutritionnelle, mais ne dit rien sur le niveau de transformation.
- Aucun logo officiel sur l’ultra-transformation n’existe à ce jour en France : la demande reste au stade de la pétition et du plaidoyer associatif.
- Les contaminants et résidus présents dans l’alimentation font l’objet d’un suivi distinct, comme le détaille notre article sur l’étude de référence de l’Anses sur les contaminants alimentaires.
La question dépasse les rayons des grandes surfaces : elle touche aussi la restauration collective, où la part de produits durables et peu transformés promise dans les cantines scolaires reste, selon les associations, loin d’être atteinte.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un aliment ultra-transformé ?
Il s’agit d’un produit ayant subi plusieurs étapes de transformation industrielle et contenant généralement des ingrédients qu’on ne trouve pas dans une cuisine classique : arômes ajoutés, émulsifiants, colorants ou amidons modifiés. La classification scientifique de référence, NOVA, range ces produits dans sa catégorie la plus transformée.
Le Nutri-Score va-t-il disparaître ?
Non, aucune suppression n’est annoncée. Les associations demandent un logo complémentaire, pas un remplacement du Nutri-Score, pour informer spécifiquement sur le degré de transformation d’un produit, ce que l’étiquette actuelle ne permet pas.
L’étiquetage obligatoire est-il déjà en vigueur ?
Non. À ce stade, il s’agit d’une demande portée par une pétition citoyenne et par l’enquête de 60 Millions de Consommateurs. Aucune obligation légale d’affichage du degré de transformation n’existe aujourd’hui en France ni au niveau européen.
Sources
- Foodwatch.org — Communiqué sur la pétition contre les aliments ultra-transformés
- Orange Actu — Les produits ultra-transformés majoritaires mais peu identifiables
- ICI — 60 Millions de Consommateurs veut un affichage obligatoire du degré de transformation
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Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



