Sur les lacs de barrage, les anciennes carrières inondées et les retenues collinaires, une nouvelle génération de centrales photovoltaïques prend racine directement à la surface de l’eau. Le solaire flottant s’impose progressivement comme une des solutions les plus discrètes de la transition énergétique française, portée par plusieurs projets de grande envergure mis en service ces dernières années.
Une filière qui change d’échelle
Longtemps restée marginale, la filière a franchi un cap symbolique avec l’inauguration, en juin 2025, de la centrale des Îlots Blandin, en Haute-Marne. Avec plus de 135 000 panneaux répartis sur 127 hectares pour une puissance de 74,3 MWc, l’installation est présentée comme la plus grande centrale solaire flottante d’Europe. Elle succède à O’MEGA1, à Piolenc dans le Vaucluse, mise en service dès 2019 sur le plan d’eau d’une ancienne carrière et portée à 22 MWc après une extension en 2022.
Les grands énergéticiens accélèrent également sur les retenues de barrages hydroélectriques. EDF a mis en service la centrale Lazer dans les Hautes-Alpes en 2023, avec plus de 50 000 panneaux pour 20 MWc, et prépare désormais le projet Cheylas en Isère, dont les travaux majeurs doivent démarrer début 2026 pour une mise en service prévue à l’été 2027. Cette future centrale de 44 MWc, forte de 70 000 panneaux, produirait environ 60 GWh par an, de quoi couvrir la consommation électrique de plusieurs dizaines de milliers de foyers.
Une capacité qui a doublé en un an
Selon les données disponibles fin 2024, la puissance cumulée du solaire flottant installé en France avoisinait 210 MWp. L’année 2025 a marqué une accélération nette, avec au moins 92 MWc raccordés sur le seul premier semestre, auxquels s’ajoutent environ 40 MWp de projets supplémentaires signés ou en cours de construction. Cette dynamique s’inscrit dans les objectifs fixés par la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), publiée le 13 février 2026, qui vise 48 GW de solaire installé toutes technologies confondues d’ici 2030, et jusqu’à 80 GW à l’horizon 2035 — sans quota spécifique dédié au flottant à ce stade.
L’Agence de la transition écologique (Ademe) estime qu’une couverture de seulement 10 % des plans d’eau artificiels français — carrières, retenues, bassins industriels — dégagerait un potentiel technique pouvant atteindre 7 GW. Un gisement que les porteurs de projets présentent comme un moyen d’installer du photovoltaïque sans consommer de foncier agricole ou naturel, un argument de poids alors que les tensions sur l’usage des sols se multiplient autour des grands parcs au sol.
Des effets sur l’eau encore surveillés
Le déploiement de ces flotteurs n’est pas neutre pour les milieux aquatiques. Les premières observations menées sur les sites en exploitation font état d’effets jugés plutôt favorables : réduction de l’évaporation, léger rafraîchissement de l’eau et ralentissement de l’érosion des berges. À l’inverse, l’ombrage porté par les panneaux peut réduire la luminosité, la température et le taux d’oxygène dans l’eau, avec des conséquences potentielles sur la faune aquatique qui dépendent largement de la taille et de la configuration du projet. C’est pourquoi un suivi écologique annuel de la faune et de la flore est désormais mené sur plusieurs sites, dont O’MEGA1, afin de documenter précisément ces impacts dans la durée.
Pour les collectivités et les porteurs de projets d’aménagement, l’intérêt du flottant tient aussi à sa relative rapidité d’installation par rapport à un parc au sol classique, une fois les études environnementales validées. Du côté du financement, plusieurs centrales, comme O’MEGA1, ont associé des montages citoyens et des investisseurs institutionnels, illustrant l’appétit croissant pour ce type d’actifs renouvelables.
Vers une généralisation progressive
Si aucun objectif chiffré national n’encadre encore spécifiquement le solaire flottant, plusieurs projets régionaux sont à l’étude sur des retenues industrielles ou d’anciennes gravières, notamment dans le sud et l’est de la France. Les prochaines années diront si la filière parvient à confirmer sa dynamique de 2025, dans un contexte où la maîtrise des impacts sur les écosystèmes aquatiques restera un critère déterminant pour l’instruction des futurs dossiers.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le solaire flottant ?
Il s’agit de panneaux photovoltaïques installés sur des flotteurs à la surface de plans d’eau artificiels — lacs de barrage, anciennes carrières inondées ou bassins industriels — plutôt que sur un terrain ou une toiture.
Quelle est la plus grande centrale solaire flottante de France ?
Les Îlots Blandin, en Haute-Marne, inaugurée en juin 2025 avec une puissance de 74,3 MWc, est présentée comme la plus grande installation de ce type en Europe.
Le solaire flottant a-t-il un impact sur les milieux aquatiques ?
Oui, des effets à la fois positifs (moins d’évaporation, érosion ralentie) et potentiellement négatifs (baisse de la luminosité et de l’oxygène sous les flotteurs) sont observés, ce qui justifie un suivi écologique régulier sur les sites en exploitation.
Sources
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Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale




