Elles gagnent du terrain chaque année, mais elles n’ont jamais été aussi fragiles. Le dernier inventaire forestier national, publié début juillet 2026 par l’IGN (Institut national de l’information géographique et forestière), dresse un constat contrasté : la forêt française continue de s’étendre, tandis que sa santé se dégrade fortement sous l’effet du changement climatique. Un signal d’alerte pour un écosystème longtemps considéré comme l’un des meilleurs alliés de la France dans la lutte contre le réchauffement.
Une forêt qui n’a jamais couvert autant de surface
Avec 17,6 millions d’hectares en 2024, la forêt représente désormais environ un tiers du territoire métropolitain et de la Corse, soit 900 000 hectares de plus qu’il y a dix ans. Le rythme de cette expansion s’est nettement accéléré : elle progresse aujourd’hui d’environ 90 000 hectares par an, contre 50 000 hectares en moyenne au cours du siècle dernier. Une dynamique portée par la déprise agricole et la reconquête naturelle de certains territoires ruraux.
Une dégradation sanitaire sans précédent
C’est le second enseignement, beaucoup plus préoccupant, de cette nouvelle édition des indicateurs de gestion durable des forêts françaises. Les relevés de terrain de l’IGN montrent une accumulation de signaux inquiétants :
- La mortalité des arbres a bondi de 125 % en dix ans ;
- Les attaques d’agents pathogènes (champignons, insectes xylophages) ont augmenté de 175 % depuis 2015 ;
- Le taux de feuillus présentant un déficit foliaire sévère atteint 15,3 % en 2025, contre seulement 2,2 % en 1997 ;
- 8 % des arbres affichent aujourd’hui une dégradation ou un dépérissement visible, une part en hausse continue.
Selon l’IGN et le ministère de l’Agriculture, les causes de cette dégradation sont désormais bien identifiées : sécheresses à répétition, prolifération des bioagresseurs et multiplication des incendies affaiblissent durablement les peuplements, en particulier dans les régions les plus exposées au stress hydrique.
Le puits de carbone français fragilisé
Cette évolution n’est pas sans conséquence sur le rôle de la forêt dans la transition écologique. En 2024, les forêts françaises stockaient 1,35 milliard de tonnes de carbone, avec une densité moyenne de 82 tonnes par hectare contre 73 tonnes en 2009, soit une hausse de 21 % en quinze ans. Un chiffre qui pourrait rassurer, mais l’IGN alerte : dans plusieurs régions, la mortalité et les prélèvements dépassent désormais la production biologique des arbres, ce qui fragilise la capacité de la forêt à continuer d’absorber du CO2 au même rythme que par le passé.
Concrètement, une forêt qui grandit en surface mais dont les arbres meurent plus vite qu’ils ne poussent voit son efficacité comme puits de carbone diminuer, alors même que la France compte sur ce levier pour tenir ses objectifs climatiques. Ce constat rejoint les enjeux suivis de près dans notre rubrique Science et Technologie et dans l’actualité Politique – Décisions Gouvernementales, où les arbitrages sur la transition écologique sont régulièrement décryptés.
Pourquoi cette étude change la donne
Publiée pour la première fois avec un tel niveau de détail sur les crises sanitaires, cette édition du mémento de l’inventaire forestier national doit servir de base aux politiques publiques de gestion durable des forêts. Elle est suivie avec attention par les collectivités et les acteurs de la filière bois, tout comme d’autres décisions récentes qui touchent au territoire national, à retrouver dans notre rubrique Actualités Locales et Nationales. Pour les gestionnaires forestiers, l’enjeu est désormais d’adapter les essences plantées et les pratiques sylvicoles à un climat plus sec et plus instable.
Questions fréquentes
Pourquoi la forêt française s’étend-elle alors que sa santé se dégrade ?
Les deux phénomènes ne sont pas contradictoires : l’expansion de la surface forestière résulte surtout de la reconquête de terres agricoles abandonnées, tandis que la dégradation sanitaire touche les arbres déjà en place, fragilisés par les sécheresses et les bioagresseurs.
La forêt française absorbe-t-elle toujours autant de CO2 qu’avant ?
Le stock de carbone global continue de progresser, mais l’IGN souligne que dans plusieurs régions, la mortalité et les coupes dépassent désormais la croissance biologique des arbres, ce qui réduit la capacité de ces zones à jouer pleinement leur rôle de puits de carbone.
Quelles régions sont les plus touchées par cette dégradation ?
Les zones les plus exposées aux sécheresses répétées et aux vagues de chaleur sont les plus concernées, avec une hausse marquée des attaques de champignons et d’insectes xylophages depuis 2015, selon les relevés de terrain de l’IGN.
Sources
IGN — Les forêts françaises en 2026 : une gestion durable à l’épreuve des changements globaux
Ministère de l’Agriculture — La santé des forêts intègre le mémento de l’inventaire forestier national
CNPF — Mémento 2025 de l’inventaire forestier de l’IGN
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Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale




