Partir aux États-Unis sans ESTA est devenu impensable depuis des années. L’Europe s’apprête à instaurer son propre équivalent : l’ETIAS (European Travel Information and Authorisation System), attendu pour le dernier trimestre 2026. Pour des dizaines de millions de voyageurs venus de pays aujourd’hui exemptés de visa, une nouvelle formalité va s’ajouter avant d'embarquer.
Un système pensé sur le modèle américain de l’ESTA
Concrètement, l’ETIAS ne remplace pas un visa : c’est une autorisation de voyage électronique, liée directement au passeport, sans document papier à présenter. Elle concerne les ressortissants d’une soixantaine de pays actuellement dispensés de visa pour un séjour de moins de 90 jours dans l’espace européen — Américains, Britanniques, Canadiens ou Australiens en tête. Une fois obtenue, elle reste valable trois ans, ou jusqu’à l’expiration du passeport si celle-ci survient avant.
Une mise en route conditionnée à un autre chantier européen
Le calendrier n’est pas figé au hasard : l’activation de l’ETIAS dépend du déploiement complet de l’EES (Entry/Exit System), le système d’enregistrement biométrique aux frontières entré en service le 12 octobre 2025. La Commission européenne a indiqué que la date exacte de bascule serait communiquée au moins six mois à l’avance. Une fois le système lancé, une période de transition d’environ six mois est prévue : l’ETIAS sera alors simplement recommandé, avant de devenir pleinement obligatoire aux alentours du printemps suivant.
Le prix qui fait débat : de 7 à 20 euros
C’est l’angle le moins commenté dans la presse généraliste, alors qu’il concerne directement le portefeuille des voyageurs : la Commission européenne a officiellement annoncé, le 17 juillet 2025, un triplement du tarif initialement prévu. Fixé à 7 euros dans le texte réglementaire d’origine, il grimpera à 20 euros dès l’entrée en service du dispositif, une hausse justifiée par la prise en charge des coûts de fonctionnement du système et l’inflation depuis son adoption. Les voyageurs de moins de 18 ans et de plus de 70 ans resteront exemptés de ce paiement.
- Demande entièrement en ligne, en principe en quelques minutes
- Validité de trois ans ou jusqu’à expiration du passeport
- Concerne 30 pays européens, dont l’ensemble de l’espace Schengen
- Exemption de paiement pour les moins de 18 ans et les plus de 70 ans
Ce que cela change pour les voyageurs
Pendant la période de transition, ne pas avoir encore son ETIAS ne devrait pas bloquer un passage aux frontières européennes, mais les autorités recommanderont fortement d’anticiper la démarche pour éviter toute mauvaise surprise une fois l’obligation pleinement effective. Pour les professionnels du secteur du voyage et du tourisme, cette nouvelle formalité administrative s’ajoute à une liste déjà longue de changements réglementaires aux frontières européennes ces dernières années. Sur le plan juridique, le dispositif s’inscrit dans le cadre plus large du droit européen de la circulation des personnes, qui encadre déjà l’EES et les futurs contrôles biométriques aux frontières.
Questions fréquentes
Qui devra demander une autorisation ETIAS ?
Les ressortissants d’une soixantaine de pays actuellement exemptés de visa pour un séjour de moins de 90 jours dans l’espace européen, notamment les citoyens américains, britanniques, canadiens ou australiens.
Combien coûtera l’ETIAS ?
Le tarif a été fixé à 20 euros par la Commission européenne en juillet 2025, contre 7 euros initialement prévus. Les voyageurs de moins de 18 ans et de plus de 70 ans en seront exemptés.
Quand l’ETIAS deviendra-t-il obligatoire ?
Le système doit entrer en service au dernier trimestre 2026, suivi d’une période de transition d’environ six mois durant laquelle il sera recommandé sans être obligatoire.





