La première semaine de juillet 2026 restera comme un moment rare de l’exploration spatiale : à trois jours d’intervalle, deux sondes asiatiques ont réussi leur rendez-vous avec des astéroïdes parmi les plus petits jamais approchés. La sonde chinoise Tianwen-2 s’est installée près de Kamoʻoalewa, une mystérieuse « quasi-lune » de la Terre, tandis que la japonaise Hayabusa2 frôlait à grande vitesse l’astéroïde Torifune. Deux opérations très différentes, mais un même cap : comprendre — et un jour savoir dévier — ces petits corps qui croisent la route de notre planète.
Tianwen-2 au chevet de Kamoʻoalewa, la « quasi-lune » de la Terre
Lancée le 29 mai 2025, la sonde chinoise Tianwen-2 a rallié sa cible début juillet après plus de 400 jours de voyage et environ un milliard de kilomètres parcourus. Elle s’est positionnée à une vingtaine de kilomètres de Kamoʻoalewa (désignation officielle 469219, alias 2016 HO3) et en a transmis ses premières images rapprochées.
Ce corps céleste est un objet à part : c’est un quasi-satellite de la Terre. Contrairement à la Lune, il n’orbite pas autour de notre planète mais autour du Soleil, tout en restant durablement dans son voisinage. Sa taille reste débattue : quelques dizaines de mètres tout au plus, les estimations les plus récentes évoquant à peine plus de 20 mètres de diamètre.
L’objectif est ambitieux : prélever des échantillons de sa surface — trois techniques sont à l’étude, du simple « touch-and-go » à un ancrage temporaire — avant un départ prévu au printemps 2027 et un retour des précieux fragments sur Terre attendu fin 2027. La sonde, qui embarque onze instruments scientifiques dont un analyseur de poussières italien, doit ensuite poursuivre sa route vers un second objectif, l’étrange objet 311P/PANSTARRS, aux allures de comète. Premier indice déjà livré : la forte réflectivité de la surface suggérerait une origine astéroïdale classique, ce qui fragiliserait l’hypothèse séduisante d’un fragment arraché à la Lune.
Hayabusa2 : un survol éclair au service de la défense planétaire
Trois jours plus tard, le 5 juillet vers 18 h 30 (heure japonaise), la vétérane Hayabusa2 — célèbre pour avoir rapporté en 2020 des échantillons de l’astéroïde Ryugu — a réussi un exercice de haute voltige : survoler l’astéroïde Torifune (2001 CC21) en passant à environ un kilomètre seulement de son centre, à une vitesse relative d’environ 5 km/s, soit près de 18 000 km/h.
Les images captées lors de ce passage éclair révèlent un objet inattendu : Torifune ressemble à deux blocs rocheux accolés, une structure dite de « binaire à contact ». Une prouesse d’autant plus remarquable que la sonde ne dispose plus que d’un seul de ses quatre moteurs ioniques pleinement opérationnel.
Au-delà de la science, l’agence japonaise JAXA poursuivait un but très concret : démontrer un guidage orbital de haute précision à très grande vitesse, une brique technologique essentielle pour de futures missions de déviation d’astéroïdes menaçants. Prochaine étape : deux assistances gravitationnelles terrestres, en décembre 2027 puis en juin 2028, avant un rendez-vous en 2031 avec 1998 KY26, un corps d’environ 30 mètres selon la JAXA.
Pourquoi ces cailloux minuscules passionnent les scientifiques
Longtemps, les missions visaient de « gros » objets comme Ryugu ou Bennu. Les cibles se comptent désormais en dizaines de mètres, et ce n’est pas un hasard :
- Défense planétaire : les petits astéroïdes sont les plus nombreux et les plus susceptibles de frapper la Terre ; savoir naviguer près d’eux, c’est préparer les technologies capables de les dévier.
- Science des origines : ces fragments primitifs sont des archives du système solaire ; les échantillons de Kamoʻoalewa pourraient même trancher la question de son origine.
- Démonstration technologique : viser un objet de 20 mètres à des millions de kilomètres relève de l’horlogerie spatiale, un savoir-faire stratégique que la Chine et le Japon consolident.
Ce double succès illustre aussi la montée en puissance des programmes spatiaux asiatiques, un mouvement de fond que nous suivons dans notre rubrique Science et Technologie. Les retombées ne sont pas que scientifiques : navigation autonome, capteurs et traitement d’images irriguent tout le secteur Numérique – High Tech. Et si ces missions se jouent à des millions de kilomètres, leurs enjeux — protéger la Terre, comprendre nos origines — concernent chacun d’entre nous, bien au-delà des actualités locales et nationales.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une « quasi-lune » comme Kamoʻoalewa ?
C’est un astéroïde qui orbite autour du Soleil, et non de la Terre, mais dont la trajectoire reste durablement synchronisée avec celle de notre planète. Vu depuis la Terre, il semble l’accompagner, sans être un véritable satellite comme la Lune.
Quand les échantillons de Tianwen-2 reviendront-ils sur Terre ?
Selon le calendrier annoncé, la sonde doit quitter Kamoʻoalewa au printemps 2027 et larguer sa capsule d’échantillons sur Terre fin 2027. Il s’agit d’un calendrier prévisionnel, susceptible d’évoluer selon le déroulement des opérations de prélèvement.
Pourquoi survoler un astéroïde à 18 000 km/h ?
Un survol rapide permet de tester le guidage de très haute précision nécessaire aux futures missions de défense planétaire : pour dévier un astéroïde menaçant, un engin devra le percuter ou le frôler à très grande vitesse, exactement au bon endroit.
Sources
- SpaceNews — Tianwen-2 arrives at asteroid Kamoʻoalewa
- JAXA — Timing of the flyby of asteroid Torifune by Hayabusa2
- Rêves d’Espace — Hayabusa-2 survole l’astéroïde Torifune
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C’est une première dans l’histoire des Nations Unies : le 1er juillet 2026, le rapport de l’ONU sur l’intelligence artificielle — officiellement le rapport préliminaire du Groupe scientifique international indépendant sur l’IA — a été rendu public à New York.…





